Note : le nombre d'accidents non mortels est à considérer avec prudence, la visibilité de ce type d'accident étant moindre que celle des accidents mortels, certains n'étant pas rapportés au BEA.
Priorités lors d'une panne
Lorsque survient un problème en vol, voici les 3 priorités, dans cet ordre :
PILOTER
La priorité la plus importante est d'essayer de garder l'avion.
NAVIGUER
COMMUNIQUER
Problèmes de centrage
Si le centre de gravité est trop décalé vers l'avant ou vers l'arrière, les commandes deviennent inefficaces :
Pannes au décollage
Panne radio
Interruption volontaire de vol
Appelé maintenant « atterrissage de précaution », c'est un atterrissage en campagne, avec un avion encore pilotable (il vole !) mais avec une situation qui ne permet pas d'attendre de pouvoir atterrir sur l'aérodrome le plus proche :
Dégradation de la VMC (conditions météorologiques de vol à vue)
Arrivée de la nuit aéronautique
Quantité de carburant insuffisante pour atteindre l'aérodrome le plus proche
Anomalie technique mineure mais pouvant devenir une anomalie majeure, avec ou sans arrêt moteur
Problème de santé du pilote ou du passager
Sur une période de 10 ans, le BEA (Bureau d'Enquêtes et d'Analyses) a analysé une soixantaine d'IVV et, quelle qu'en ait été la raison, il y a eu 0 tué et 0 blessé
Atterrir hors d'un aérodrome n'est pas une infraction, redécoller hors d'un aérodrome en serait une !
Dans la mesure du possible, garder les habitudes de tour de piste telles que vous avez l'habitude de les faire (pour diminuer une partie de votre charge mentale) :
Tour de piste à 1000 ft / sol
Virages à 90°
En fin de vent arrière, point d'aboutissement à 45°
Phases d'un atterrissage de précaution :
Avant d'entamer un atterrissage de précaution, valider toutes les options possibles avec l'aide à la décision FORDEC :
FAITS — analyse objective de la situation
OPTIONS — quelles sont toutes les solutions possibles ?
RISQUES — quels sont les risques de chacune des solutions ?
DÉCISION — choix de la solution qui semble être la meilleure
EXÉCUTION — mise en œuvre de l'option choisie
CONTRÔLE — contrôle de la situation pour une éventuelle correction
Signaler l'intention I.V.V. :
Mettre le transpondeur sur 7700
Signaler sur 121.500 MHz (fréquence d'urgence) :
L'urgence de la situation
L'intention d'atterrir en campagne
La localisation la plus précise possible du terrain choisi
Déclencher la balise de détresse (ELT) si l'avion en est équipé
Choix d'un terrain par la méthode V.E.R.D.O. :
MÉMO
ÉLÉMENT
DESCRIPTION
V
VENT
- Direction et force - Observer les fumées, les mouvements de la végétation
E
ÉTAT DE SURFACE
- Préférer les terrains à surface dure (ex. chantier d'autoroute) - Choisir un sol avec la végétation la plus basse (un pré plutôt que du maïs)
R
RELIEF
- Atterrir toujours face au vent mais aussi, si possible, dans le sens montant - Attention à la gêne en finale ou en cas de remise des gaz
D
DISTANCE DISPONIBLE & DÉGAGEMENT
- Terrain dégagé le plus long possible - Attention aux arbres ou obstacles en finale - Penser au dégagement disponible en cas de remise des gaz
O
OBSTACLES
- Attention aux pylônes et fils électriques difficiles à voir - Éviter les champs avec obstacles élevés en courte finale - Éviter les obstacles en fin de champ (remise des gaz)
Première vent arrière :
1 000 ft d'altitude (pour rester dans les habitudes de TDP)
Contrôler les obstacles (finale, atterrissage et fin de champ pour remise des gaz si nécessaire)
Se mettre en configuration d'approche :
Réduire la vitesse
Mettre 1 cran de volet
Descendre
Calculer la longueur de piste :
Survoler la piste dans l'axe de l'atterrissage prévu
Regarder la vitesse de l'avion (nécessaire pour le calcul)
Commencer à compter au point d'aboutissement
331, 332, 333 (pour ne pas compter trop vite)
Garder une marge en bout de piste
Vitesse (Kts) / 2 = nombre de mètres par seconde
Si vous volez à 60 Kts et que vous avez compté jusqu'à 12, la longueur disponible est : 60/2 = 30 x 12 = 360 mètres
Check-list d'atterrissage d'urgence :
Lunettes retirées
Ceintures attachées
Rassurer les passagers et les faire participer (pour les calmer)
Position de sécurité pour les passagers (la tête sur les genoux)
Briefing des passagers :
Les rassurer
Leur demander leur aide (pour les occuper)
Base en contrôlant si l'atterrissage est toujours possible (personnes, animaux, voiture…)
Au moindre changement ou doute → remise des gaz.
En finale : déverrouiller les verrières et les portes (sans les ouvrir)
Toucher à vitesse mini et déclencher le parachute (au contact du sol, si besoin)
Prévenir par radio le contrôleur et les secours si nécessaire